Tristan au quotidien

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David Abiker : “Ce n’est pas parce que c’est des entreprises et qu’elles font du marketing qu’elles sont hors de la vie et hors de l’actualité.”

un commentaire

Dans la ligne jaune, cette semaine, David Abiker déclare :

« Absolument, et je vais dire quelque chose de très claire. Ce n’est pas parce que c’est des entreprises et qu’elles font du marketing qu’elles sont hors de la vie et hors de l’actualité. Il y a une tradition d’information qui consiste à dire qu’il ne faut pas citer le nom d’une entreprise, que dès que ça touche au marketing, c’est pas intéressant et qu’on est du côté des méchants capitalistes, etc… Pour moi, ça ne marche pas. Je veux dire, tout est légitime, que ce soit des sujets scientifiques, des sujet éducatifs, que ça relève du marketing et encore plus du marketing parce qu’il se passe sur internet des choses en matière de marketing et de communication qui sont tout à fait astucieuses, tout à fait intéressante. Cela ne veut pas dire qu’on ne les décrypte pas, cela ne veut pas dire non plus qu’il faut mettre un voile pudique sur ces choses-là sous prétexte que ce sont des gens qui veulent faire du pognon. »

Cela se situe à peu près à 37 min de l’émission (l’émission est plus bas dans mon article).

David Abiker est un journaliste que j’estime beaucoup, je ne voudrais donc pas surtout pas trahir ces propos, donc je ressitue le contexte. David Abiker est invité à la ligne jaune, émission hébergé par Arrêt sur Image et animé par Guy Birenbaum. Le sujet est le buzz, en repartant du buzz de Mailorama, et la question de savoir si il faut parler de ces initiatives d’entreprise , parce que cela amplifie le buzz et participe finalement à leur stratégie.

David Abiker répond donc ce petit paragraphe et continue en disant que cela n’empêche pas d’analyser, décortiquer et qu’en parler n’est pas “signer un chèque en blanc”.

Pourquoi je vous en parle ?

Parce que je travaille actuellement dans une agence de relations publiques et qu’en relations publiques, il y a une partie de relation presse. Et quand j’expliquais en quoi consiste mon travail à une amie* apprentie journaliste, en disant brièvement que les relations publiques et relations presse consiste à travailler sur le message qu’une entreprise fait passer aux médias et de servir d’intermédiaire entre les journalistes et les entreprises, elle m’avait répondu que les journalistes ne devaient pas surtout pas relayer ces messages, que ce n’était pas du journalisme.

Je crois que cela part justement de cette tradition journalistique, ou en tout cas, cette fausse idée qu’on se fait du journalisme (et qui est plus répandu auprès du publique que des journalistes eux-mêmes), qu’il ne doit surtout pas se trahir auprès du grand capital. Alors qu’en fait, tout cela fait partie de l’actualité, les journalistes doivent en parler et doivent bien sûr l’analyser, le travail d’un attaché de presse ou d’un service de relations presse est de servir d’intermédiaire, de facilitateur entre une entreprise fermée (et donc ne laissant pas sortir d’informations) et les journalistes. Cela ne vole pas l’indépendance des journalistes.

David Abiker fait le très pertinent parallèle dans la suite de l’émission avec les politiques qui essayent de créer du buzz autour d’eux, les journalistes doivent-ils alors en parler en partant du même principe ?

Je ne pense pas  trahir les propos de David Abiker (même s’il se limitait un peu aux expériences d’entreprises sur internet et que j’ai un peu généralisé) et je ne sais pas s’il aurait aimé voir ses propos repris par un mec d’une agence de relations publics, mais David, si vous passez par là, je veux bien votre avis.

Voilà l’émission de la ligne jaune si vous souhaitez la regarder  :


Comment le buzz du cash a franchi la ligne j@une
envoyé par lignejaune. - L’info video en direct.

*: à la décharge de mon amie apprentie journaliste, elle parlait, je crois m’en souvenir, du cas particulier des voyages de presse, en se posant la question de “si on invite les journalistes dans un bel hôtel (comme les voyages de presse en suivant Sarkozy), gardent-ils leur objectivité ? Ce à quoi je réponds que c’est leur métier. A ce sujet, voir l’excellente vidéo marrante de l’Express :


Bécassine en voyage de presse
envoyé par LEXPRESS. - Cliquez pour voir plus de vidéos marrantes.
PS: je suis stagiaire depuis quelques mois dans une agence de relations publiques située sur l’avenue George V, mais mes propos n’engagent que moi.

écrit par tristan

November 21st, 2009 at 3:52 pm

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Mes premières lectures sur kindle

7 commentaires

On ne pouvait pas imaginer que je ne vous en parle pas.

Pour ceux qui ne pas connaissent pas le kindle, c’est ce qu’on appelle en français une liseuse électronique. Le kindle est, pour faire simple, une petite tablette qui permet de lire des livres. Mais le kindle, à la différence des autres liseuses électroniques, est connecté au réseau 3G et permet de télécharger les journaux.

Amazon KindleL’écran du kindle fait à peu près la taille d’un livre de poche

Le kindle n’est livré que depuis quelques semaines en France, la bibliothèque en langue française est pour l’instant très faible (1095 livres en français et deux quotidiens, le monde et les echos). Le téléchargement des livres ou des quotidiens est très rapide. Plus besoin de se déplacer en kiosque, plus besoin de se déplacer avec sa bibliothèque, tout est là.

Le kindle est fin

La taille du kindle, sa finesse, est vraiment appréciable.

Pour le moment, j’en suis vraiment fan. Si j’ai souvent envie de lire un livre quand j’en entends parler, je ne supporte pas de parcourir les librairies pour le trouver et la possibilité de l’avoir immédiatement est un vrai plus. Il suffit de faire une recherche sur la bibliothèque en ligne, directement accessible sur le kindle.

Quant à la lecture, elle est très étonnement agréable, l’écran n’a rien à voir avec un écran d’ordinateur, il s’agit “d’encre électronique” qui ne fatigue pas les yeux.

Amazon Kindle

Zoom sur le dessin de Plantu dans le Monde

On peut également de façon très simple prendre des notes et annoter des passages. Le kindle est d’origine livré avec un dictionnaire anglais, ce qui facilite la lecture des textes anglais.

Comme je vous le disais, pour l’instant, la bibliothèque Amazon en français est assez faible. Mais grâce à un petit soft (trouvé ici chez Korben), on peut convertir un PDF en format kindle. Ainsi, sur des bibliothèques en ligne, on peut trouver des classiques libre de droit en PDF (comme sur ebooks gratuits diffusant des classiques libres de droit donc gratuit, et cela légalement) ou des livre en creative common comme celui de Pierre Belanger sur la radio IP (fort intéressant d’ailleurs). Je me lance cette après-midi dans la lecture  de “la culture libre” par Lawrence Lessig, un autre livre en creative common trouvé sur l’excellent RWW français. Oui, la culture peut être gratuite.

Le kindle a l’ambition de devenir l’iPod du livre et ,je pense, a les moyens de réussir, même si certains problèmes de DRM, de formats (les fichiers sont bloqués, donc télécharger sur une autre plateforme par exemple est impossible) apparaissent vite. Mais cela ne saurait tarder avant que le marché évolue, que les règles changent.

Pour en savoir plus, j’ai crée une “carte” de ce que j’ai trouvé sur le kindle en ligne. Cette carte, je la compléterai sans doute avec le temps, en fonction de mes pérégrinations en ligne. Aussi, ce n’est pas parce que je l’ai mis sur la carte que je suis d’accord avec le contenu, mais cela permet le débat.

Voilà, n’hésitez pas cliquer sur le cercle en dessous (cela s’appelle une perle) pour accéder à cette carte. (Cela a été réalisé grâce au service pearltrees dont je vous reparlerai sans doute).

Sur le kindle

Sinon, rien à voir mais je me suis remis à bloguer à propos de l’actualité sur un autre support que ce blog. Cela se passe sur posterous (pour des raisons pratiques), donc voici le lien tristannicolas.posterous.com. J’essaye de retrouver l’esprit d’origine de ce blog, car il ne faut pas oublier que mon premier article était pour réagir à un fait d’actualité.

Si vous avez des questions sur le kindle, n’hésitez pas.

PS: et merci beaucoup à mes amis pour ce très joli cadeau.

écrit par tristan

November 8th, 2009 at 5:10 pm

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Power to the people

un commentaire

Un documentaire très bien fait sur thème de “est-ce que les outils de collaboration massive en ligne peuvent changer notre façon de gouverner ?”.

Ce documentaire revient sur les communautés en ligne, comme les couch surfers. Les couch surfers sont une communauté de gens qui pour voyager à moindre prix vont dormir sur le canapé d’un autre couch surfer. Ils ne se connaissent pas, échangent d’abord par e-mail. Tout repose sur la confiance dans la communauté.

Il revient aussi sur les communautés de maman en ligne, qui s’échange des conseils qui ont du coup beaucoup plus de valeurs que si ces conseils venaient d’un magazine.

Il décrit aussi le premier club de football crée et géré par ses fans, myfootballclub qui gére l’équipe de Ebbsfleet United. Chaque supporter vote pour les décisions, et cela marche. C’est bien ce que veut montrer le documentaire. Il existe beaucoup de communautés en ligne, comme il a existé des communautés dans les années 60 et 70. Mais grâce aux technologies, ces communautés ont aujourd’hui les moyens de prendre des décisions.

Connaissez-vous également les prêts grâce à la communauté ? Vous devez emprunter de l’argent, vous demandez à une communauté de gens, ils étudient votre projet, votre besoin, vos ressources et décident de vous prêter de l’argent. Chacun un peu.

C’est aussi le principe de Slice the pie, qui fonctionne comme My Major Company. Pour résumer, les artistes sont produits par leurs fans, en enlevant les intermédiaires. Peut-on imaginer que ce modèle s’applique à d’autres industries ?

Peut-on imaginer que la communauté peut décider pour d’autres choses ? C’est la question que pose le documentaire. Nous avons aujourd’hui le moyen de collaborer très massivement sur un projet, comme les verts au Canada qui ont crée leur programme politique par wiki (sur le modèle de wikipédia, chacun apporte sa contribution). Je vous invite vraiment à regarder ce documentaire, que vous pourrez trouver ici avec les sous titres français*, parce que j’oublie bien des exemples, comme ce budget participatif où les gens décident quel projet, quelle organisation va être aidé, etc…

Power to the people, c’est aussi ça, et si vous n’avez pas spotify, c’est ça.

*: elle est pas belle la vie ? Mais un jour, faudra quand même apprendre l’anglais, ok ?

écrit par tristan

August 18th, 2009 at 7:17 pm

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Internet pour s’informer, ok. Mais qu’en pensent les autres ?

3 commentaires

Récemment**, j’ai pris part à un petit débat sur friendfeed (plusieurs réponses en commentaire à un propos de Narvic sur les médias de masse) sur les moyens que nous utilisions pour suivre l’actualité. Sans surprise, les quelques personnes qui participaient à cette conversation avaient abandonné la télévision et d’autres médias de masse, comme les journaux (version papier) ou la radio. Nous étions d’accord sur le fait que de toute façon, toutes informations importantes finiraient par nous parvenir. J’irai même plus loin, en disant qu’au contraire, qu’avec les médias en ligne, on suit beaucoup mieux l’actualité, la télé ne traitant par exemple qu’une partie minoritaire de l’info.

Ce qui nous échappe est ce qui spécifique à ces biais d’informations, on ne sait pas la façon dont l’information a été traité et dont l’opinion publique, encore trop absente sur internet, a perçue l’info. Pour illustrer ce point, j’ai récemment lu (info à prendre avec des pincettes) qu’il y à peu près que 120 000 comptes twitter en France. Si vous voulez sonder l’opinion française avec twitter, c’est raté. D’autant que je pense qu’on peut penser que les profils sur twitter sont un peu toujours les même, que je résumerai par l’expression « geek communicants » (journalistes, agences de communication, PR, blogueurs…). Donc si l’information nous provient, la façon dont elle est traitée, qui peut beaucoup diverger, ne nous parvient pas. Encore un autre exemple lors des débats sur Hadopi. Si sur internet, on pouvait lire très largement des opinions négatives, et les journalistes web relayaient ces opinions très largement, les différents médias en ligne n’hésitant pas à prendre parti (je résume, caricature mais vous l’aurez compris).

Qu’en était-il à la télévision, à TF1 par exemple, dont le journal est quand même vu par … millions de personnes chaque soir ? Que pensent mes grands-parents d’Hadopi ? Leur seule source d’information est le journal télévisé et deux trois journaux (la Croix ou Ouest France, en version papier, mon grand père ne comprend pas la notion d’ordinateur et encore moins d’internet). Et quand il s’agit de débat publique, je pense que l’info est tout autant de savoir l’information que comment elle est traitée et perçue par l’opinion publique.

Si je pense être bien informé (merci les RSS et en particulier francefeed sur friendfeed), je me pose souvent la question « mais qu’en pensent les gens normaux* ? ». Pour répondre à cette question, je m’oblige à savoir comment l’info est traitée par la télévision, je regarde par exemple les reportages sur le site info de France télévisions. Mon public test est bien souvent mes parents, qui font une utilisation modérée d’internet et regarde encore les JT (sur internet, eux non plus n’ont plus de télé). L’émission arrêt sur image permet elle aussi de se faire une idée de comment l’info arrive aux gens.

Je me pose aussi souvent la question « est-ce que cette info est connu du grand public ? », la faire découvrir sur mon blog est-il pertinent ? Je veux dire, est-ce que cette info est devenue mainstream ? Est-ce que les journalistes des médias de masse l’ont jugé digne d’être partagée aux JTs. Là encore, mes parents me servent de test par la simple question « as-tu entendu parler de… » ?

S’informer uniquement sur internet est aujourd’hui possible mais on perd quand même une partie de l’info, sa perception par le public qui ne s’exprime pas sur internet. Même si j’ai bien conscience, avec par exemple l’exemple d’Hadopi, que l’on n’a fait qu’échanger qu’un biais contre un autre.

* : je ne crois pas qu’il y ait un petit peuple d’internet, et que le vrai peuple qui y soit étranger, chacun est connecté dans une proportion différente, on peut dire que la barre entre personne très informée par internet et les autres se situent au flux RSS par exemple.

** : plus trop, cet article dort sur mon ordinateur depuis quelques temps.

écrit par tristan

July 21st, 2009 at 1:50 pm

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“Micro Blogging killed my blog”, pas vraiment et pas seulement

un commentaire

Je recevais il y a quelques temps un mail me demandant pourquoi ce blog était moins alimenté qu’avant. Je pense que cette question est intéressante parce qu’elle montre l’évolution des usages d’internet par un particulier depuis un an et demi, usages qui ne résument pas forcément par le populaire « micro blogging killed my blog ».

Et pourtant, elle est là, la première raison. Quand j’ai crée ce blog* le 1er février 2008, les principaux moyens de partage d’informations sur internet pour un particulier étaient le mail et le blog. Je devais déjà être sur facebook depuis quelques temps mais Facebook ne permettait pas encore de partager article ou vidéos avec ses proches. Aucun de mes amis n’avait à ce moment là google reader, je n’étais pas encore sur twitter (j’ai crée mon compte le 4 avril 2008), j’ai découvert friendfeed peu de temps après. Bref, vous l’aurez compris, le seul moyen de partager avec proches était mon blog. Non pas qu’aucun autre moyen n’existait, mais que ces moyens n’étaient pas encore vraiment connus ou utilisés (je pense là à digg ou delicious par exemple). Pourtant 2008 n’est pas si loin quand on y pense, mais quand même, mon usage d’internet a tellement changé en 1 an et demi.

A l’époque, mon blog me permettait de mettre des liens, de commenter rapidement un fait d’actualité, de là par exemple, tous les articles sur la rubrique insolite du courrier international. Avec le temps, le nombre de site que je visitais, le nombre de sources d’infos et le nombre d’infos lus par jours a totalement explosé, avec l’impossibilité donc d’en parler ici. L’idée également de faire du traffic à partir d’une info que j’aurais recopié avec un simple commentaire ne m’intéresse pas non plus. Il faut donc aujourd’hui que je trouve un angle nouveau, une idée pertinente que je n’aurais pas lu ailleurs. Aujourd’hui, avec les agrégateurs (Google Reader, netvibes ou encore symbaloo que j’utilise depuis quelques semaines), les infos de différentes sources sont visibles en même temps et voir la même info, traitée de la même façon partout est un peu énervant. Je ne voulais donc pas participer à ce mouvement. Aujourd’hui, pour être caricatural, une info high tech est d’abord publiée sur un blog US, puis reprise sur un gros blog français, puis reprise par les blogs un peu plus amateurs. Bien sûr, beaucoup de blogs arrivent à trouver des angles différents, un ton qui rend encore leurs articles intéressants même si on a déjà lu l’info ailleurs, mais pour reprendre un exemple de ce matin avec le « chrome OS », j’ai lu la brève identique sur pas mal de blogs (je ne les blâme pas, un blogeur “high tech” n’a pas vraiment d’autres choix que de reprendre une info aussi importante).

Donc si je n’ai rien de très intéressant à ajouter sur une info, je la partage, souvent avec un commentaire, via un service qui finira par être partagé sur Friendfeed.  Par exemple, une info qui m’a intéressé récemment est celle du lycéen bloqueur dont la réinscription est soumise à la condition de ne plus bloquer le lycée par le proviseur. Mais je ne suis pas spécialiste, que dire dessus qui puisse être intéressant? Je préfère de beaucoup partager l’article de Maitre Eolas sur google reader avec petit commentaire qui se retrouve sur friendfeed**.

Il arrive parfois que je pense que mon commentaire est intéressant et mérite un article (comme ici), mais ce n’est pas tous les jours non plus. Je préfère donc écrire sur les sujets pour lesquels je pense avoir un avis intéressant et pertinent, cela limite souvent aux réseaux sociaux et à la communication online. Bien sûr, ce n’est pas toujours vrai, je partage encore des liens via mon blog, soit parce que c’est complètement WTF (ça), soit parce que la source est très différente de ce que je lis normalement (ça), soit parce que ça me tient à cœur et que je ne trouve pas d’articles pour en parler (ça).

Donc si le micro blogging a tué mon blog, l’envie de produire un contenu original (au sens, qu’on ne le lira pas partout) a aussi modifié le blog.

L’autre raison principale est une prise de conscience que j’ai pu déjà exprimé . En effet, à l’origine de mon blog était des textes que j’avais écrit avant sa création. Ces textes étaient des réflexions sur différents sujets, ces réflexions se voulaient souvent marrantes et rarement à prendre au premier degré (comme cet article que j’avais écrit et qui est totalement à prendre au second degré). Mon blog devait aussi permettre de les partager plus facilement que par mail. Je ne choisissais plus les amis à qui je les imposais par mail, ils pourraient venir les lire ici s’ils en avaient envie. Mais ces textes que je voulais marrants, caustiques pouvaient ne pas être du goût de tous, se posait alors la question de l’image que je pouvais donner de moi à travers mon blog. S’il est pour beaucoup normal de s’exprimer sur internet, d’y émettre des opinions personnelles, d’y raconter des anecdotes marrantes (ce que j’ai parfois fait de façon romancé), ce n’est pas encore l’opinion dominante. Le blog portant en plus mon prénom dans son titre, je ne pouvais pas y raconter n’importe quoi qui pourrait entacher ma réputation en ligne (je me mets alors à rêver d’un blog qui comme flickr donnerait différents niveaux d’accès : public, famille, amis…). Tout élément personnel que je voulais partager en ligne devait donc l’être ailleurs, un endroit anonyme ou protégé du référencement par google ou de la visite d’un futur collègue ou d’un futur employeur pour lequel une réflexion telle que celle sur les sacs à mains pouvait ne pas plaire (j’ai choisi cet article parce qu’au contraire, parce qu’il est gentillet, et j’ose donc en faire la pub aujourd’hui).

Je ne sais pas si vous avez trouvé cette rétrospective du blog intéressante (attention, il n’est pas mort pour autant, il a juste changé), mais je pense qu’elle montre une certaine partie de l’évolution de l’usage du web depuis la date de création du blog : l’essor des services de partage (twitter ou encore friendfeed mon favori, la transformation de facebook en friendfeed) et la prise de conscience de ce qu’est la réputation en ligne ou personal branding.

PS: Pour que tout le monde ait accès aux articles que je partage, j’ai décidé de rendre mon flux friendfeed publique donc voici un lien : friendfeed.com/thetristan (je vais essayer de partager moins de bétises)

* : il a d’abord été sur blogger, puis très rapidement sur wordpress, mais comme les articles ont été rapatriés, que le blog n’a pas changé de nom, je pense qu’on peut dire que c’est le même.

**: je regrette que les commentaires de l’outil “share on facebook” ne soient pas repris de la même façon par friendfeeed mais le fait qu’on ne puisse pas réellement centraliser les conversations reste un problème global.

écrit par tristan

July 8th, 2009 at 5:45 pm

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Le blues du junky de l’information

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Je demande l’asile politique, je suis victime de la dictature du temps réel. Je ne suis pas le seul, nous sommes des milliers, attachés à ce qui n’existe qu’une seconde, des bribes d’actualités.

Je m’informe, je suis informé, l’information me suit, il n’est rien arrivé d’important dans les deux dernières années dont je n’étais pas au courant dans les 7 heures qui suivent. Parfois un peu plus, quand je fais une grasse matinée.

J’aurais pu m’intéresser à ce qui semble éternel, comme l’art, la littérature, la philosophie, non, je m’intéresse à ce qui n’existe qu’un instant, ce qui remplit le vide sans aucun sens et en rend pas plus intelligent, pas plus heureux. Des fun facts, des buzz, des infos à peine révélées, déjà oubliées. Si demain, on me parle d’un site que j’ai découvert aujourd’hui, un site qui m’aura fait sourire, la seule chose qui me viendra à l’esprit, c’est « c’est vieux ton truc ».

Alors oui, certaines informations sont importantes, la dictature a un bon fond. Alors que je montrais aujourd’hui à une amie cette photo, elle me dit qu’elle ne comprend pas. Elle n’avait en fait jamais entendu de la grippe porcine, il ne faut pas dans la dictature inverse.

Aujourd’hui, les infos défilent sur l’écran, je ne lis pas les articles longs, pas le temps, je veux des faits, pas des analyses. Les informations viennent de toute part, j’ai une centaine de sources, je sélectionne, je ne m’arrête que pour aller au toilette. Je mange devant l’ordi, je dors presque avec.

Là, m’est arrivée l’illumination. Le real-time web. Le monde extérieur à la vitesse à laquelle il avance. Tu tournes la tête, tu regardes passer les filles dans la rue, tu as raté une information. Peut être était-elle vitale, tu le sais pas, tu l’as raté, tu ne peux plus te permettre que cela ne recommence. Ta consommation de café augmente, tu te fais livrer des redbull à domicile. Tu imagines la solution, il faut que friendfeed invente une broche que l’on brancherait sur le cerveau et qui serait relié au réseau 3G, comme ça tu continuerais à suivre tes salons favoris* en pouvant sortir de chez toi.

* : les salons friendfeed permettent de concentrer l’information dans certains domaines, comme celui-ci, que je ne quitte jamais.

Cet article, quand même un peu fictif,  m’a été inspiré en partie de ce dessin de geek and poke. Le realtime web se passe sur friendfeed ici.

écrit par tristan

April 29th, 2009 at 9:38 pm

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