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Les fonctionnaires, content ou pas aujourd’hui ? ça dépend du journal que vous lirez.
Pour mon job (stage, on ne se ment pas), je fais de la veille. Un peu sur le net, mais surtout, le matin, je lis les journaux. Pas tous, mais ceux dont la rubrique économique est importante : Les Echos, la Tribune, le Monde et le Figaro. Je peux donc m’apercevoir de la différence de traitement d’un sujet d’un quotidien à l’autre. Ou encore, les sujets qu’ils choisissent ou non de traiter.
Un petit exemple :
Ce matin, dans les Echos, on apprenait que les hauts fonctionnaires seraient payés plus, pour les encourager, parce que les réformes dépendent en partie d’eux, parce qu’ils ont beaucoup de responsabilités,… :
La Tribune, quant à elle, faisait un dossier sur les sujets de mécontentement des fonctionnaires, justement les fameuses réformes:

Maintenant, vous savez ce qui m’amuse le matin.
La leçon de la semaine
La leçon de la semaine, je la tire de cette vidéo, qui m’a vraiment marqué. Parce que surréaliste, Didier Lombard PDG de France Télécom regardant impuissant le témoignage de ce salarié au bord des larmes, surpris peut être. Il se tient silencieux derrière la journaliste, l’image n’est pas bonne pour lui, on le voit un peu distant, impassible et l’autre déclare son malheur, avec dignité.
Mais la vidéo est surtout touchante, la détresse de ce salarié, coincé au 1014 faute de mieux, faute d’autres possibilités. On imagine son ancien métier, technicien ou quelque chose comme ça. Il a une quarantaine d’années, s’imaginait faire une carrière normale dans la grande entreprise, il n’était sûrement pas préparé à ça, répondre aux téléphones toute la journée à des gens souvent en colères, sans pouvoir prendre le temps parce qu’un compteur tourne. Il ne pensait surtout pas à ça.
Ça me fait penser à plusieurs choses. D’abord, que les choses évoluent vite et que le métier qu’on apprend n’est pas forcément celui qu’on pourra faire toute sa vie, qu’il faut imaginer autre chose et qu’on ne fera pas la même carrière que nos parents avec quarante ans dans la même entreprise. Il va falloir rester éveillé, ne pas se réveiller un jour avec pour seule possibilité un métier front-line stressant et inintéressant (et dieu sait pourtant l’importance du service client, vraie partie du marketing aujourd’hui).
L’autre leçon, c’est une leçon de management. J’arrive sur le marché du travail, j’ai les dents tellement longues qu’elles en rayent le planché mais je ne dois pas oublier qu’ils y avaient des gens avant moi, avec des habitudes, des méthodes de travail qui ont leur raisons d’être. Apprendre que le changement s’accompagne, que c’est complexe. Qu’il soit technologique ou organisationnel, il faut l’accompagner. Que ce n’est pas facile, qu’on ne peut pas arriver, changer les choses en espérant que les gens s’adapteront tout seul.
Avec cet l’image de cet homme digne aux bord des larmes, je n’oublierai pas cette leçon.
Xavier Ternisien, les forçats du web et twitter
Vous vous souvenez de l’article du Monde, les forçats du web par Xavier Ternisien. Cet article avait déclenché une vaste polémique, où les journalistes du web, et les patrons des différents sites d’info (pure players ou non) s’étaient défendus, avaient essayé de démontrer le contraire.
Vous allez dire que je vais encore vous rabacher les oreilles avec le thème du “internet change la presse, le rapport à l’information, la façon dont on consomme la culture, bref, vraiment beaucoup de choses”, mais Arrêts sur images revient cette semaine* sur cette polémique.
L’émission, que vous ne pourrez voir que si vous êtes abonnés, revient plus à mon avis sur l’incompréhension des journalistes papiers face à ceux du web. L’émission aborde d’ailleurs justement les craintes des journalistes traditionnels face à la montée du web, à la place de l’investigation sur le terrain dans un journalisme du web, des questions, qui à mon avis ont leur raison d’être.
Si je reviens aujourd’hui sur cette polémique, c’est parce que Xavier Ternisien a publié aujourd’hui un article sur twitter, source d’info pour les médias, idée qui avait été développée lors de l’émission d’arrêt sur image par Vincent Glad (redacteur sur slate.fr dont voici justement le twitter, il est également rédacteur au génial bienbienbien). Je ne veux pas dire que le journaliste du Monde, depuis peu sur twitter, avait volé l’idée, non pas du tout.
Non, je trouvais au contraire une certaine ironie dans cette histoire. En effet, si les journalistes sont des forçats du web, c’est parce qu’ils sont victimes de ce que j’avais appelé maladroitement dans cet article la dictature du temps réel. C’est parce que les infos arrivent en continu, parce que, via les sites “réseaux sociaux”**, on lit de l’information en permance. Et le site qui nous permet le plus de rester en contact avec l’info, c’est bien twitter. Donc Xavier Ternisien avait écrit un article sur les forçats du web, dont un des aspects était cette nécessité d’être toujours au courant (il y avait bien sûr l’aspect précarité, mauvaise ambiance, harcélement ou autres, je ne veux pas réduire ça à twitter), et aujourd’hui, il nous parle de twitter comme source d’info, avec un léger enthousiasme (à moins que ce soit moi qui soit tellement enthousiaste et que, par conséquence, je vois de l’enthousiasme partout).
Je voulais noter le côté marrant de l’affaire mais je tiens à dire que je ne vois pas de contradictions entre les deux articles. En effet, si je suis enthousiaste sur internet comme source d’info grâce à twitter, facebook (depuis peu) ou friendfeed (le mal aimé), je suis conscient des dangers, comme j’avais voulu l’exprimer là.
Le journaliste du Monde revient à la fin de son article sur les possibles dangers de twitter et de ceux de rester connectés sur le web en permanence, malheusement, il n’avait pas fait de lien avec son article sur les forçats du web, bizarre.
*: il me semble que l’émission parait en fait le vendredi, donc c’est celle de la semaine dernière
**: je trouve cette expression de plus en plus obsolète
Orelsan, rattrapé par le Web.
Voilà un buzz qui pourrait me mettre mal à l’aise. Orelsan, rappeur normand (ne rigolez pas), vient de rentrer brutalement dans l’actualité avec une chanson « sale pute » (je vous mets en lien la chronique de David Abiker sur France Info résumant le buzz au cas vous y auriez échappé).
Après petite recherche, je trouve que ce n’est pas la pire, la chanson « Saint Valentin » est encore plus mysogine. Voilà son clip, vous n’êtes pas obligé de le regarder jusqu’à la fin :
Voici un lien pour la chanson sale pute.
Ce qui me mets mal à l’aise, c’est que ça ne sert pas internet. Oui, parce qu’au moment où le gouvernement tient à nous montrer les dangers d’internet , un vidéo comme celle-ci leur donne du grain à moudre. Et puis, je suis contre toute censure, mais que dire face aux violences aux femmes, à l’ambiance délétère qui existe entre garçons et filles dans les banlieues que cette vidéo encourage. Non vraiment, je ne sais pas quoi penser.
Puis je réfléchis, je me dis que le buzz est parti de blogs de femmes en colères contre le rappeur, qu’internet, c’est aussi ça, des débats de société. Que oui, la vidéo fait du buzz, dans les blogs, dans les journaux ou sur twitter. Oui, il y a buzz, la vidéo sera vue de nombreuses fois et Orelsan gagnera en notoriété. Mais Internet aura joué son rôle de lieu d’expression libre. Orelsan peut publier des clips mysogines, mais les blogs réagiront, on lui jettera l’opprobre, c’est la règle du jeu.
Finalement, ce buzz ne me mets pas mal à l’aise, il montre bien qu’internet est un espace d’expression libre et que les blogs peuvent jouer un rôle citoyen, et qu’il n’est nulle besoin qu’un ministre intervienne.
pourquoi j’aime le nouveau facebook
La vraie grande actualité de ces derniers jours, ce n’est pas Boutin qui dit que « mettre le préservatif quand on fait l’amour, ce n’est pas agréable », c’est le changement de thème de Facebook.
Alors que j’avais délaissé Facebook ces derniers temps, je me suis remis à le consulter de plus en plus souvent. Voilà pourquoi :
Avant Facebook, c’était un endroit d’espionnage, ce qui était mis en avant, c’étaient les photos, les mis à jour des profils de mes « amis ». Soyons clairs, j’ai 273 « amis » sur facebook, ce qui n’est pas beaucoup par rapport à d’autres, mais vous imaginez bien quand même qu’il y a une grande partie d’entre eux dont je me fous des photos de soirée. Donc Facebook, outil pour espionner la vie de personnes que je connais à peine, m’avait vite ennuyé.
Quid du nouveau ?
Le nouveau ressemble à twitter, avec une timeline qui recentre toute l’activité comme friendfeed (on peut y mettre des liens mais on peut ajouter automatiquement l’activité de flickr, d’un blog, de youtube…). Le nouveau facebook est pourvoyeur de liens et si pour l’instant, il permet surtout d’échanger des vidéos étranges comme « how to smoke smarties* », il y a fort à parier que facebook puisse devenir comme twitter et friendfeed une source d’information. Que reste t-il pour que facebook devienne géniale ? Un moteur de recherche comme twittersearch, pour savoir ce qui s’est dit sur un certain sujet. On le sait, une info qui vient d’un proche a plus de valeur qu’un blog quelconque.
Voilà pourquoi je suis enthousiaste par rapport au nouveau Facebook. Je prends l’exemple de S.
S. suit beaucoup l’actualité, mais S. n’utilise ni google reader, ni twitter, ni friendfeed, ni feedly avec ubiquity… Elle n’utilise aucun moyen de partager des liens autre que le mail. Elle envoyait donc souvent par mail à ses proches les infos qu’elle pensait (toujours à raison) intéressantes. Aujourd’hui, elle les partage simplement sur facebook. Tout le monde peut les voir, les commenter.
D’ailleurs, les utilisateurs ont bien compris l’aspect temps réel de facebook quand hier, j’ai vu fleurir sur ma page d’accueil une dizaine de lien vers alerte-enlèvement.
Je viens de lire chez BBB que cette version de facebook est du coup élitiste, que personne ne souhaite que facebook devienne un média d’actualité, et tout le monde préfère regarder pendant des heures les photos de soirées de quasi-inconnus. Peut être mais je doute qu’avec le temps, le facebook « voyeur de ses amis » soit viable, les gens en auront vite marre des mauvaises photos de soirée. Et de toute façon, on peut toujours mettre des photos, elle ne sont juste plus mis en avant.
* : j’ai pris l’exemple de cette vidéo parce qu’elle est vraiment marrante mais elle est en faite un fait d’actualité, donc rentre bien dans ma démonstration.
L’inexplicable
En échange à Budapest, elle a été retrouvée morte dans le Danube. Ophélie, étudiante à Reims Management School, était portée disparue depuis le 4 décembre. Pas de trace de crime, elle n’était pas non plus suicidaire.
Les caméras de surveillance l’ont suivi jusqu’au pont où ont été retrouvées ces affaires. Ce n’était pas son chemin, que faisait-elle là ?
L’étudiant en échange est seul, loin de ses amis, loin de sa famille*, et pourtant très entouré. Entourés d’autres étudiants internationaux, il vit dans l’exotisme de la grande ville étrangère, dans une étrange liberté déculpabilisée. Sa vie est très différente de celle qu’il mène dans son pays. Il n’est pas touriste, un peu étudiant, un peu itinérant sans attache. Ses proches le reconnaitrait-il s’ils le rencontraient ?
Le père arrive sur place, découvre là où vivait sa fille, essaye d’imaginer sa vie en fonction de ce qu’elle lui avait raconté, essaye de l’imaginer encore vivante dans cette ville qu’il ne connait pas. Difficile voyage, comme une enquête, et des plus douloureuses.
* : moins avec skype, mais l’échange perd de son charme.
Ce fait d’actualité m’a touché, je le trouve romanesque, malgré bien sûr sa tristesse.
source lemonde.fr


