Les éditeurs vont mourir et c’est tant mieux par Bruno Walther
Économiquement, n’en déplaise aux éditeurs, ce secteur vit sur le pillage organisé des auteurs. L’auteur ne touche qu’entre 8 et 12% du prix de vente. Dis autrement, 88 à 92 % de la valeur d’un livre, sont absorbés par des gens qui n’ont pas grand-chose à voir avec la création littéraire. Voilà typiquement ce que j’appelle une industrie de parasites.
Démocratiquement, l’édition est une caste fermée avec des codes et des rites. Difficile pour un jeune auteur d’émerger dans ce magma. Pire l’édition au fils des ans a été incapable de démocratiser le rapport à la lecture qui reste fortement corrélé à la catégorie socioprofessionnelle et au niveau des diplômes.
Mais avant de mourir, ils vont psalmodier, crier à la mort de la culture et invoquer le dieu subvention. Et vous allez voir que la puissance publique cédera. Des collectivités locales aux ministères, nous allons financer la mise sous respiration artificielle de quelques maisons d’édition du boulevard Saint Germain et des librairies bien pensantes.
Le résultat tangible sera que nos enfants seront probablement les derniers européens à disposer d’un cartable électronique et que nos maisons d’édition louperont les auteurs majeurs du vingt-et-unième siècle.
J’ai hâte de vivre ça.
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Jeanpascalthys
30 Mar 10 at 18:36