Tristan au quotidien

réflexions, petits textes, et découverte du web

Notre vie en numérique

2 commentaires

Facebook est maintenant en français, votre nombre d’amis s’est donc considérablement augmenté, les questions que vous vous posez aussi. Faut-il accepter comme ami cette fille qui vous avez piqué vos petites voitures majorette en maternelle, malgré les conséquences irréparables que ça a pu avoir sur la construction de votre ego ? Faut-il  accepter ce garçon pour lequel  « adresser la parole à l’arrêt de bus pendant toute la terminale » signifiait subir une conversation déplorable faite de « putain con », « oh la connasse » et autres injonctions verbales que l’on évite généralement ? Je me suis posé cette dernière question récemment, j’espère que la personne incriminée ne se reconnaîtra pas. Mais justement, le fait de se poser la question de ce qu’on publie sur internet, voyez-vous, c’est précisément le sujet de mon article.

[Musique par Alphabeat ]

 
icon for podpress  Alphabeat - What is happening ? [4:24m]: Play Now | Play in Popup | Download

Un ami, dont je tairais le nom par respect, a eu récemment ce genre de problème et m’a demandé mon avis. Ce n’était pas pour un problème d’arrêt de bus mais de cercle d’amis. Pour faire court, cet ami a deux cercles d’amis qui ignorent réciproquement leur existence. Jusqu’ici, ceci ne posait pas de problème, un seul de ces groupes d’amis n’étaient fortement présent sur FB, mais je pense que le passage en français a convaincu les derniers réticents de s’inscrire. Que faire alors ?

Le problème se pose pour tout le monde. Sur FB, tout le monde peut ajouter les photos de vos dernières soirées où vous sniffez de la cocaïne dans les toilettes, draguez lourdement une hôtesse de Ricard pendant qu’elle vous ressert votre 11ème verre, urinez sur une motocyclette de la maréchaussée.  Mais, voilà, dans vos amis FB, il peut aussi y avoir un ami de vos parents, un copain flic ou votre actuel/futur employeur.

Bien sûr, vous pouvez détaggé les photos mais ce n’est pas la panacée. Le danger peut aussi venir du fameux Wall, où un de vos amis pourraient par exemple demander de vos nouvelles par que, hier soir vous ne sembliez pas en forme sur ce brancard de la croix rouge, à vomir votre vodka pendant qu’une infirmière, qui n’avait malheureusement comme unique point commun avec Adriana Karembeu que la veste beige des secouristes, vous maintenaitt la tête penché sur le coté pour que vous ne vous étouffiez pas dans votre vomi. Là aussi, vous pouvez l’effacer, mais le temps que l’ayez fait, ce fameux ami de vos parents pourra s’être choqué de ce récit.

Non, vraiment Facebook est devenu dangereux. Votre vie privée est étalée sans que vous puissiez vraiment le contrôler, la vigilance d’impose mais quoi que vous fassiez, il faut être conscient que votre voisin que vous ne pouvez pas supporter parce qu’il ne vous a pas encore rendu le dernier album de Vincent Delerm que vous adorez vraiment [bien que votre colocataire ne supporte aucune des chansons du dernier album du premier bobo de France], mais avec lequel vous avez des amis en commun [le voisin, pas l'album, suivez-un peu] pourra voir les photos de vos dernières frasques en se  baladant sur les photos de vos/ses amis.

Mais ceci prend vraiment des proportions impossibles si vous êtes un peu habitués des réseaux sociaux. Votre identité numérique, comme on dit, vous suit partout et maintenant, quoi que vous fassiez sur le net, on peut vous suivre. Le « on » en question n’est pas la CIA, mais ce fameux voisin qui ne vous a pas encore rendu ce foutu album.

Mais c’est aussi un choix. Vous laissez vos photos sur flickr, vos vidéos sur youtube, vos goûts musicaux sur lastfm et partagez vos playlists sur deezer, vous discutez sur seesmic en vidéo, vous listez les livres que vous aimez sur amazon, vous retrouvez vos vieux copains sur copains d’avant, vos relations d’affaire sur linkedin et vous postez vos humeurs et dernières trouvailles sur twitter (liste vraiment loin d’être exhaustive). Et tout ceci (ou presque) est relié sur friendfeed qui contient tous vos lifestream et permet de vous suivre pas à pas. Le lifestream n’a rien de religieux, c’est un concept qui englobe l’ensemble de vos activités personnelles sur le web, comme les blogs, les réseaux sociaux, les vidéos que vous aimez sur youtube et bien d’autres.

 Bref, vous êtes relié sur internet par un paquet de services que vous avez choisi. Parce qu’être invisible sur internet est encore presque possible, il suffit de n’être inscrit nulle part. Bon, après, c’est bien plus dur pour vos amis de vous retrouver et je dois avouer perdre contact avec des amis pourtant proches, mais qui refusent tout site communautaire, je leur en veux presque.

Un petit schéma (qui a quand même des manques) permet de résumer tout ça de façon simple.

 

(volé dans le flickr de Fred Cavazza, cliquez dessus pour la voir en bonne qualité et  ici pour son, bien meilleur que le mien, article sur l’identité nurmérique).

 

Mais bon, il faut quand même relativiser tout ça. Tout d’abord, peu de gens connaissent l’éventail des services sur internet. Tout le monde connait facebook, au moins de nom, mais twitter par exemple ?

Quelques images de geek and poke (découvert sur micro gonzy) pour illustrer ça:

 Un de mes préférés  (même St Pierre ne connait pas tout):

Et de quoi relativiser la notoriété des blogueurs influents :

Et pour finir, une vidéo qui traîne pas mal sur internet, qui montre ce que serit Facebook en vrai. Hilarant, enjoy :

 

 

Bonne soirée

 

Share and Enjoy: These icons link to social bookmarking sites where readers can share and discover new web pages.
  • E-mail this story to a friend!
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Wikio FR
  • Google
  • Technorati
  • TwitThis

écrit par tristan

May 8th, 2008 at 10:08 pm

posté dans la catégorie découverte du Web, réflexions

taggé avec , ,

2 Responses to 'Notre vie en numérique'

Subscribe to comments with RSS or TrackBack to 'Notre vie en numérique'.

  1. excellent article tristan! autant tous les autres sont trés bons , autant je qualifierai celui la d’excellent ! c’est vrmt bien écrit et illustré et je trouive que tu as raison. pour le cas de FB, j’y avais pensé aussi, le wall, les groupes d’amis, c’est vrai que le respect de la vie privée est quelqu peu bafoué, aprés il s’agit d’un concept, nul n’est obligé de s’y créer un compte mais je pense que cesz fonctionnalités devraient pouvoir etre parametrées, que nimporte qui de tes amis (ou pas amis d’ailleurs, genre ton pote de l’arret de bus :D) puisse acceder a certaines données, echanges… c’est assez ennuyeux

    Jonnhy

    9 May 08 at 8:23

  2. Pourquoi presque en vouloir à tes amis, qui ne sont pas sur des sites communautaires? Même si cela demande un effort plus important, l’e-mail est un encore un moyen de garder contact, qui sera d’autant plus apprécié par la personne qui le reçoit.
    Peut-on réellement connaître l’activité d’une personne uniquement grâce à ces sites communautaires ? J’éspère que non, ou ce serait nettement réducteur pour la personne en question!
    Alors il faut croire que tes amis qui refusent toute utilisation de sites communautaires font cela pour préserver leur intimité, vu les dérives que tu décris ça se comprend!
    Etant utilisateur de FB moi-même, je pense que c’est un excellent moyen pour retrouver d’anciens amis perdus de vue après des années sans se voir, mais par la suite si un contact se renoue l’e-mail est encore le moyen de préserver l’intimité d’une retrouvaille.
    Pour finir en ironisant, cela deviendra de plus en plus compliqué de cacher ses relations extraconjugales à sa femme, si les infomartions se circulent trop bien sur ces sites communautaires!

    Jarjarbinks

    9 May 08 at 15:03

Leave a Reply

Additional comments powered by BackType